french version
  Centre d'Elaboration des Matériaux et d'Etudes Structurales
Home>Scientific Research>nMat>Ancient ceramics>Sigillée

Ancient Ceramics: study of decorated layers

Diffusion de la technique de la sigillée
dans le sud de la Gaule

Contexte archéologique
La technique de fabrication des sigillées démarre véritablement en Italie centrale au cours du premier siècle avant J.C. avec le développement des engobes rouges grésés obtenus par vitrification de préparation argileuse. Devant le succès de cette poterie, cette technique s’est rapidement étendue à toute la péninsule Italienne puis au pourtour méditerranéen. Dès le début de notre aire, de grands centres de production se mettent en place dans le sud de la Gaule, notamment à Montans (Tarn) et à La Graufesenque (Aveyron). Durant un peu plus d’un siècle, la Graufesenque va exporter sa production de sigillées dans une grande partie de l’Empire Romain (Fig. 1).


Figure 1 : Carte de diffusion des sigillées de La Graufesenque.

Les ateliers de Montans avaient vraisemblablement une organisation plus artisanale avec une diffusion limitée à l’Aquitaine, à la côte ouest de la péninsule Ibérique et aux îles Britanniques. Ce centre a, en revanche, exporté ses productions sur près de deux siècles.

 
Des potiers italiens sont à l’origine de la diffusion de cette technique en Gaule. Toutefois, la production de sigillée de qualité ne démarre pas avec l’arrivée des premiers Italiens mais seulement quelques dizaines d’années plus tard. De nombreux ateliers sud gaulois ont produit, entre les années -20 et +20 des imitations de sigillées italiennes (Fig. 2). Certains d’entre eux ont même produit des sigillées, durant une courte période, sous le règne de Tibère (+14/+37). Le démarrage des exportations des deux grands centres sud gaulois, au début des années 20, marque la fin de ces ateliers.


Figure 2 : Carte des principales voies romaines et des ateliers de céramiques du sud-ouest de la Gaule.

L’arrivée de potiers italiens s’est faite en plusieurs vagues et sur plusieurs dizaines d’années. Tous les ateliers n’ont pas, de ce point de vue, la même histoire, et la phase de production d’imitations englobe très certainement des réalités assez différentes.

Structure des engobes
La couleur, la brillance et, de manière générale, l’aspect d’une sigillée provient de la nature et de la texture de son engobe. L’étude physico-chimique de la microstructure des engobes est ainsi un très bon moyen d’obtenir des informations sur le processus d’élaboration. On peut, de cette manière, évaluer la maîtrise d’un procédé de fabrication et/ou en suivre son évolution au cours du temps.
Par exemple, les études par microscopie électronique en transmission, réalisées au CEMES, ont montré que les engobes des sigillées de qualité de la Graufesenque et de Montans avaient une microstructure spécifique (Fig.3).

 
Cette microstructure est assez différente de celles des productions italiques retrouvées sur place. Les différences de composition chimique entre les argiles utilisées ne semblent pas en être la seule cause. Les investigations réalisées sur les imitations de sigillées produites à Montans et à la Graufesenque ont mis en évidence l'emploi de différentes argiles et solutions pour l’obtention d’engobe rouge. Ces premiers résultats confirment l’existence d’une phase de recherche qui aurait précédé la production de sigillées et semblent également indiquer un changement ou tout au moins une adaptation des techniques italiennes au contexte local.


Figure 3 : Engobe d’une sigillée observée en microscopie électronique dans (a) un microscope à balayage (MEB) et dans (b) dans un microscope en transmission (MET). Cristaux d’hématite (H), de corindon (C), de quartz (Q).

Recherches actuelles
Il s’agit de poursuivre l’étude des imitations de sigillées italiennes en élargissant les investigations aux sites de la région Languedoc-Roussillon, en partenariat avec le Laboratoire d’Archéologie des Sociétés Méditerranéennes (UMR 5140 CNRS, Université Montpellier 3), l’Unité Toulousaine d’Archéologie et d’Histoire (UMR 5608 CNRS, Université Toulouse 2) et le Laboratoire des Mécanismes et Transferts en Géologie (UMR 5563 CNRS, Université Toulouse 3).

Les argiles locales et leurs transformations structurales en fonctions de la température sont également étudiées. L’objectif est d’identifier les paramètres conduisant à telle ou telle microstructure.

Nous cherchons à identifier :
• les procédés adoptés pour l’obtention des engobes dans les différents sites
• les points communs et les différences entre ces procédés et ceux utilisés pour les engobes des sigillées sud gauloises (locales) et italiennes.

Moyens mis en oeuvre
• Microsonde électronique, microscopie électronique (MEB, MET), diffraction des rayons X
• Synthèse d’oxyde de fer de référence avec divers substitutions (Al, Ti, …) , en collaboration avec Albert Lebugle (Centre Interuniversitaire de Recherche et d’Ingénierie des Matériaux, Toulouse).
• Diffraction et absorption X, Cartographie par mdiffraction sur lignes synchrotrons en collaboration avec Eric Dooryhee du laboratoire de Cristallographie de Grenoble (UPR 5031 CNRS), Philippe Goudeau du laboratoire de Métallurgie Physique de Poitiers (UMR 6630 CNRS) et Nobumichi Tamura de l’ALS-LBNL Berkeley aux USA.

Programmes
Deux programmes de la région Midi-Pyrénées soutiennent cette activité :
• Les sigillées gallo-romaines de Midi-Pyrénées. Approche physico-chimique et archéologique (projet n° 03001206)
• Les vernis fins décoratifs de céramiques antiques et médiévales. Communauté de Travail des Pyrénées (projet n° 03007514)

 

 

haut de page
 
© Cemes-CNRS 2003
Home | Site Map | Contact webmaster